Chauminet

 

Chauminet, au début du siècle dernier était essentiellement un village rural avec des fermes polyvalentes, familiales (élevages, céréales) et artisanales.

chauminet_pommierschauminet_pommesLouis Coutin produisait du cidre et de l'huile. Dans la commune il y avait beaucoup de poiriers et de pommiers de toutes variétés... pas toujours de bonne qualité, comme la pomme dite «de Normandie», mais une fois mélangées, elles donnaient un cidre potable. Les pommes broyées étaient rassemblées dans de grosses toiles spéciales avant d'être pressées. Le jus était récupéré dans une cuve puis mis en fûts. Le cidre bouillait, se décantait par la bonde laissée ouverte.

Jusqu'au premier remembrement, on trouvait aussi dans la commune de très nombreux noyers. Les habitants ramassaient les noix, les faisaient sécher sur des clayettes. A l'automne, ils se retrouvaient à la veillée et, après les avoir cassées au marteau, ils déliaient les calons (les noix) pour en extraire les neuillons (les cerneaux). Ceux-ci étaient ensuite écrasés sous une grosse meule en pierre actionnée par un cheval, puis chauffés dans une marmite en fonte avant de passer sous la presse. Le tout était ensuite placé dans des moules en pierre pour en extraire d'un côté l'huile et de l'autre le tourteau (pains de noix). Presque tous les habitants de la Commune se rendaient chez Louis Coutin pour faire leur huile pour leur consommation personnelle.

André Pautrat possédait des pressoirs ambulants. Il sillonnait toute la région. Il avait également plusieurs alambics qui stationnaient plusieurs jours dans chaque village de la région. Et les gens apportaient leur marc de raisin, de pomme, de prune pour en extraire de l'eau de vie. De quoi faire un bon produit du terroir naturel. La loi accordait 18 litres de "goutte" à 55° à tous les récoltants qui avait droit de distiller. En 1960, à l'initiative de Pierre Mendès-France, une nouvelle loi fait que seule l'épouse, en cas de décès du mari, garde ce privilège. Elle ne permet plus la transmission aux enfants. C'est ainsi que disparaît le "privilège de bouilleur de cru".

A Chauminet, les habitants possédaient de la vigne. Les vendanges étaient une fête. Les femmes et les enfants coupaient les grappes au sécateur. Les hommes les mieux forts portaient la hotte qu'ils vidaient dans des fûts installés sur la charrette. Ensuite les raisins étaient écrasés à l'aide d'un araloué (morceau de bois fourchu à trois branches) et versés dans une grande cuve en bois installée dans une grange de la ferme. Le jus fermentait quelques jours. Il était ensuite soutiré et mis dans les fûts en cave. Le vin était souvent acide mais... naturel ! A Chauminet, les caves avaient une certaine réputation. Avec tous ces produits, les habitants faisaient des potions magiques. La convivialité faisait que descendre à la cave était plus facile que d'en remonter. .. A cette époque, on ne connaissait pas l'alcootest. Aujourd'hui, on retrouve encore quelques vignes dans le paysage de Chauminet. Les nouvelles méthodes permettent de produire du vin de meilleure qualité.

Il y avait autrefois une épicerie avec un bistro « Chez la parisienne». Il y avait un charron, un sabotier. Les enfants scolarisés se rendaient à l'école au bourg à pieds.

Chauminet a sa fête annuelle en juillet. Autrefois, il y avait un bal le samedi soir et la fête foraine le dimanche avec manège, confiserie, tir, jeux... Le bal sous rotonde attirait beaucoup de monde, au point d'y installer le grand parquet «l'Aidan» qui a d'ailleurs été inauguré à Chauminet. Cette fête se perpétue de nos jours sous forme de concours de boules qui remporte également grand succès.